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A partir du 6 novembre 2016 au MRAC à Sérignan

Abstraction narratives - Andréa Büttner et Flatland

06 novembre 2016 - 19 février 2017

Andrea Büttner

Commissaire invitée : Céline Kopp

Le Mrac a le plaisir de présenter la première exposition personnelle en France de l’artiste allemande Andrea Büttner. L’exposition présente le projet Piano Destructions, ainsi qu’une nouvelle série d’oeuvres spécifiquement produites et pensées pour le cabinet d’arts graphiques du musée. Andrea Büttner y propose un parcours iconographique inédit, fait d’échos, de doutes, d’ambivalences et de rapprochements, invitant le visiteur au coeur de ce qui constitue et motive son travail depuis ses débuts.

Chez Andrea Büttner, les émotions telles que l’embarras ou la confusion se renversent en affirmation positive. Son travail se développe librement à travers l’usage de médiums traditionnels nécessitant engagement physique, labeur et savoir-faire, comme la gravure sur bois, l’eau-forte, la peinture sur verre ou encore le tissage. Un intérêt marqué pour les techniques d’impression se retrouve dans son utilisation de la sérigraphie ou encore de l’offset, en parallèle à une approche conceptuelle et à des médiums aussi variés que la sculpture, la performance ou la vidéo. Au sein de cette diversité de moyens, où l’invisibilité d’un geste peut côtoyer la beauté d’une gravure, modestie et simplicité se dégagent toujours du travail. Un intérêt pour la fragilité humaine associée à l’imperfection de la figure de l’artiste traverse sa pratique. Andrea Büttner pose la question du regard et de l’ambivalence du jugement esthétique. Dans ses expositions, l’oeuvre et sa réception par le visiteur prennent une place égale, et le jugement esthétique y est toujours traité avec ambivalence et doute, sans affirmation autoritaire, ni mise en avant excessive de l’artiste. La radicalité de son travail se traduit par l’exploration récurrente de sujets sociaux, politiques et esthétiques touchant à l’histoire de l’art et à celle du goût, à la religion, la pauvreté, la notion de partage, de communauté ou de consensus, et le sentiment de honte, qu’elle conçoit comme une force créatrice et une éthique de regard sur le monde.

Andrea Büttner présente pour la première fois en Europe un projet d’envergure initié en 2014 et intitulé Piano Destructions. Cette installation vidéo prend pour point de départ l’histoire d’artistes, pour la plupart masculins, qui depuis les années 1960 et le mouvement Fluxus, se sont appliqués à détruire des pianos dans le cadre de leur pratique. Cet acte, destiné à l’annihilation d’un symbole de la culture bourgeoise, devient par sa récurrence un trope de l’histoire de l’art récente. Dans cette installation, l’artiste rassemble côte à côte sur quatre écrans la documentation de performances où des pianos sont tour à tour brulés, poussés, frappés à coups de marteau par des figures majeures telles que George Maciunas, Nam June Paik, ou encore Ben Vautier. L’impression qui se dégage de la vision concomitante de ces actions et de leur cacophonie est violente et profondément masculine, d’autant que le piano est historiquement lié aux conventions régissant l’éducation des femmes. En 2014, Andrea Büttner a invité neuf femmes pianistes à jouer en choeur sur neuf pianos à la Walter Phillips Gallery du Banff Center (Canada). Cette performance filmée, représentée sur le cinquième écran de l’installation, revendique la simplicité d’une mise en parallèle à laquelle ne s’ajoute aucun commentaire de la part de l’artiste. Aux côtés de l’agressivité de ces destructions, c’est l’harmonie de neuf femmes, neuf individus au sein d’un groupe qui est présentée, chaque piano ayant été enregistré individuellement et représenté dans l’espace de l’exposition par une source sonore. Au geste de destruction s’oppose la beauté des compositions romantiques de Frédéric Chopin, Robert Schuman ou encore celle des arrangements pour piano de Claudio Monteverdi, compositeur de la Renaissance cité comme étant le favori de George Maciunas, fondateur du mouvement Fluxus.

Dans le cabinet d’arts graphiques du musée, Andrea Büttner propose un regard en noir et blanc, un parcours visuel tirant les ficelles invisibles qui connectent son approche intellectuelle. Elle invite le visiteur au sein d’une vision de la culture faite de contrastes, où l’on retrouve les ordres religieux mendiants et la figure de Saint François d’Assise, aux côtés de celles de Simone Weil, ou encore de Chris Kraus. Elle y pose la question de la contemporanéité et de la possibilité du refuge et de la fuite dans le discours artistique, et celle de l’obsession d’une culture de l’authenticité, cristallisée par le développement du marché de l’objet artisanal. Dans le cadre de cette nouvelle production, Andrea Büttner dévoile pour la toute première fois l’aboutissement d’une recherche menée depuis plusieurs années dans les collections de l’Institut Warburg à Londres sur l’iconographie de la mendicité. Une histoire de l’art qui prend d’autant plus de force que la majorité des images de la collection Warburg sont issues de catalogues de ventes aux enchères. La figure du mendiant est également celle de l’artiste, s’en remettant à une dépendance envers le visiteur, sa générosité et son empathie.

À la suite de l’exposition, le Mrac va publier un livre d’artiste présentant la totalité de cette recherche. Cet ouvrage permettra une mise en perspective avec les grandes thématiques présentes dans son travail.

Flatland / Abstractions narratives #1

Commissaires invitées : Sarah Ihler-Meyer et Marianne Derrien

En 1884, le professeur et théologien anglais Edwin A. Abbott (1838-1926) publie Flatland, une aventure à plusieurs dimensions, un récit allégorique contre le dogmatisme dont les protagonistes sont uniquement des formes géométriques. Le narrateur, un carré originaire de « Flatland », un monde en deux dimensions, y raconte sa découverte de « Spaceland », un monde en trois dimensions. De retour dans sa contrée, un univers où tout est plat, ce carré se confronte à l’impossibilité de convaincre sa communauté de l’existence d’une 3ème dimension, pour elle inexorablement impensable et invisible. Déclaré hérétique, il est alors enfermé en prison, et c’est depuis sa geôle qu’il fait le récit de sa révélation et de son infortune.

L’exposition Flatland / Abstractions narratives #1 se concentre sur des artistes faisant doublement écho dans le domaine des arts visuels au livre d’Edwin A. Abbott. D’une part, parce que les artistes ici sélectionnés composent des récits à partir de formes abstraites ; d’autre part, parce qu’en télescopant les notions d’« abstraction » et de « narration », ils peuvent être considérés comme hérétiques du point de vue d’une certaine histoire de l’art, reprenant ainsi en quelque sorte le rôle du Carré d’Abbott.

Inséparable de la modernité artistique, l’abstraction s’est en grande partie fondée sur le rejet de la narration et du symbolisme dans le champ des arts visuels. Mise en crise du paradigme classique de l’Ut Pictura Poesis – qui aligne les arts visuels sur les arts discursifs de la rhétorique et de la poésie –, la modernité artistique correspond à l’invention d’un nouveau paradigme dont l’abstraction picturale est le point d’orgue. En effet, prenant souvent la musique pour modèle, les pionniers de l’abstraction on tcherché à créer des langages plastiques autonomes, dégagés de toute dimension symbolique et narrative,au profit de dimensions strictement expressives et sensibles, de l’ordre du visible et de la sensation. C’est pourquoi, associer « abstraction » et « narration » en parlant d’abstractions narratives pourrait tout d’abord passer pour une contradiction dans les termes, une contradiction pourtant remise en question par un grand nombre de productions contemporaines. En effet, par-delà la diversité des questions abordées par les artistes ici réunis, chacun d’eux compose des récits à partir de formes abstraites, souvent inspirées de la modernité artistique, qu’ils chargent de références à des champs artistiques et extra-artistiques.

De prime abord, ces abstractions narratives présentent des formes et des couleurs d’ordre strictement pictural ou sculptural, dénuées de toute signification, c’est-à-dire de tout caractère symbolique et narratif. Pourtant, un regard analytique nous permet de distinguer trois principaux procédés de scénarisation des formes, non exclusifs l’un de l’autre, voire le plus souvent interdépendants. D’une part, un procédé de codification : des formes et des couleurs abstraites se révèlent être des signes, des pictogrammes et des idéogrammes articulés en récits (Guy de Cointet, Peter Halley, Jugnet+Clairet, Harald Klingelhöller, Matt Mullican, Julien Nédélec…). D’autre part, un procédé de condensation : des formes et des couleurs à priori strictement picturales ou sculpturales sont en réalité des hybridations de vocabulaires hétérogènes, renvoyant à des usages et à des pratiques issus de différents domaines (histoire des arts, sciences, science-fiction, cultures populaires…). Sur le modèle des mix ou des samples musicaux, ces vocabulaires sont condensés visuellement sans recours à un code symbolique (Cyril Aboucaya, Wilfrid Almendra, Becky Beasley, Louidgi Beltrame, Karina Bisch, Simon Boudvin, Philippe Decrauzat, Pierre Labat, John McCracken, Fabio Mauri, Bruno Peinado, Manfred Pernice, Mai-Thu Perret, Bojan Šarčević, Blair Thurman…). Enfin, un procédé de suggestion, des formes et des couleurs abstraites suggèrent par des effets de texture et de matière, des sensations et des atmosphères tramées de multiples récits (Laëtitia Badaut Haussmann, Jessica Boubetra, Thea Djordjadze, Sonia Kacem, Vera Kox, Damián Navarro…).

Trois manières non exclusives les unes des autres, par codification, condensation et suggestion, de tresser à partir de formes abstraites des récits arborescents, d’inscrire le visible dans l’ordre du lisible. Comme nous l’avons suggéré, ces abstractions narratives mobilisent un grand nombre de thématiques. Néanmoins, il est possible de repérer parmi elles trois principales orientations à partir des quelles l’exposition est découpée en trois parties. Premièrement, « AMORCES » rassemble des oeuvres essentiellement fictionnelles, convoquant des références à la science-fiction, à la littérature aussi bien qu’à des expériences personnelles (Becky Beasley,Pierre Labat, Damián Navarro...). Ensuite, « CIRCULATION » réunit des oeuvres axées sur l’histoire des formes, leurs passages et survivances d’un domaine à un autre et d’une époque à une autre (Rana Begum, Karina Bisch, Philippe Decrauzat, Tarik Kiswanson…). Enfin, « INDEX » articule des oeuvres indexées sur des enjeux socio-culturels précis, tels que l’organisation moderne des villes, le devenir des utopies modernistes et les interactions entre espaces réels et imaginaires collectifs (Wilfrid Almendra, Sylvain Azam, Peter Halley, Jugnet + Clairet, Blair Thurman…).

L’enjeu est ici de mettre en avant l’une des formes les plus originales et paradoxales du retour de la narration dans l’art contemporain, rejouant les vocabulaires des abstractions historiques, lesquelles se fondaient en grande partie sur le rejet de la narration et du symbolisme au profit de langages plastiques autonomes et strictement visuels. Il s’agit de tracer les contours d’une tendance définie en termes de fonctionnement symbolique, de souligner la diversité de ses manifestations et des thématiques qu’elle embrasse, mais aussi sa dimension internationale. Entre l’Europe et les États Unis, il s’agit de rendre compte d’une constellation d’artistes historiques et émergents, parfois peu connus en France, réunis, par-delà la diversité de leurs thématiques, par l’ambition de composer des récits à partir de formes abstraites résolument hétéronomes.

Flatland / Abstractions narratives #1 est le premier volet d’une exposition qui sera rejouée dans un second temps, avec d’autres oeuvres et artistes, à l’automne 2017 au Mudam Luxembourg, Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean (7.10.2017 - 15.04.2018).

Production : Association Paste. Partenaires : Mudam Luxembourg, Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean, Goethe Institut, Mission Luxembourgeoise, Pro Heveltia.

L’association Paste réunit les diplômés du Master 2 professionnel Sciences et Techniques de l’Exposition de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Elle a été créée en 2012 dans le but de promouvoir cette formation diplômante spécialisée dans les métiers de l’art contemporain. L’objectif du Master est de former des professionnels ayant aiguisé leurs compétences réflexives (capables de développer une analyse critique dans les domaines étudiés), créatives (à même d’imaginer et d’accompagner des projets originaux, au sein d’équipes pluridisciplinaires) et techniques (ayant la maîtrise opérationnelle des principaux outils de la conception et du développement de projets artistiques, dans le secteur des arts visuels).