Actualités des Amis du musée

bulletin d'adhésion 2017
à remplir et adresser au musée avec le règlement de votre cotisation à l'ordre des AMISDUMUSEESOULAGES
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Ne manquez pas

Profitez de l'été pour amener vos amis et parents visiter l'exceptionnelle exposition Calder au musée Soulages, la surprenante exposition Brunet à Denis Puech, l'instructive expo Fualdes à Fenaille. ..surprises au milieux des oeuvres ?

 

Coin des entreprises...

A découvrir sans plus attendre....

Pratique :

Préparez-votre visite par un clic sur l'image ci-après.

Adressez-vous au service réservation des musées de Rodez :

ouvert du mardi au vendredi entre 14h et 18 heures au 05 65 73 84 39

ou par mail : reservation.musees@agglo-grandrodez.fr

Le cataloguage de la bibliothèque du musée Soulages a repris ! Vous pouvez consulter le catalogue en ligne :

http://musee-soulages.bibli.fr/opac/?database=musee_soulage 

 

site encore en construction mais ça fonctionne ! 

 

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L’inscription peut se faire sur place pendant les horaires d’ouverture (le mercredi et le jeudi de 14h à 18h),

 

par mail :

soulages.documentation@agglo-grandrodez.fr

 par téléphone :

05 65 73 82 70.

 

AMIS DU MUSEE SOULAGES
Communauté d’agglomération du Grand Rodez
1, Place Adrien Rozier, CS53531
12035 RODEZ Cedex 9, France

amisdumuseesoulages@gmail.com

amsrodezreservations@gmail.com

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Privilège :

Avantage particulier considéré comme conférant un droit, une faveur à quelqu'un, à un groupe ( Larousse )

C’est donc bien un privilège qui fut accordé aux Amis du Musée Soulages en cette soirée du 23 avril nimbée de lumière limpide et légère. Le rendez-vous de 19 h est couru par cent-cinquante Amis et plus, curieux de percer l’énigmatique regard du bleu de l’œil de Claude Lévêque.


D’abord montrer patte blanche ! Salutations et amitiés entre amis presque furtives, tant l’impatience de la divulgation du secret-bien-gardé titille.


L’arrivée de l’artiste crée une onde frémissante dans la foule des Amis. Privilège vous dis-je ! Il est là, imposant d’humilité, sourire contenu, regard perdu sur le sol d’acier. Benoît, maître de cérémonie, escalade une assise et nous accueille, présente l’Artiste, ce soir fourbu de sollicitations de toutes natures (un sacré pistoulet ! me confiera-t-on en confidence).

L’homme, massif, présente une expression figée. En contraste, il s’exprime avec une voix hésitante et douce. Ses propos sont précautionneux. Il dit : toute son attention, tout son art se portent sur l’expression de ses émotions à l’aide de matériaux ou constations, communs et d’aujourd’hui. Il préfère le mot exposition à celui d’installation. Sa proposition est imaginée en complicité avec son entourage. Elle est opportune et saisit les hasards heureux qui se présentent quant aux moyens et aux contenus. (Sérendipité ? Si chère à Pierre Soulages) Ses œuvres sont définitivement liées à un endroit. Elles se subliment systématiquement dans un ailleurs !

 

A Rodez l’œuvre est multiple. Il faut pérégriner dans la ville, musée Fenailles, rue Neuve, musée Soulages. Nous serons comptés et circuités-malin en groupes de 50. Me voilà cinquantième du groupe Aurore via le Musée Fenailles.


En convenance des passages, des étroitures, des montées, le groupe s’étire et se contracte ; parfois claudique un peu.

Le regard des attardés de terrasses, des travailleurs de retour et des silhouettes derrière les rideaux nous indiquent le caractère nouveau et insolite de la déambulation ruthéno-citadine, en essaim, à l’heure du vingt-heures ! Soulages bouleverse Rodez !

 

Avec un large sourire Aurélien nous accueille à Fenailles.

Nous sommes dirigés vers le patio, cour intérieure moyenâgeuse de l’ancien hôtel particulier réaménagée avec des éléments arrachés à l’oubli. Un parapluie de verre abrite les galeries à balustres, la fontaine, le puits, la théorie hétéroclite de pièces architectoniques haute-époque et justement étiquetées. L’œuvre-exposition est là. Au beau milieu, posée sur le pavage antique, enrubannée sur les vestiges d’une branche morte, elle fuse et surprend comme un éclair ! Incandescence figée. Bois flotté, poli, grisé des longs temps qui ont coulé. Quatre mètres de patience subissent l’enserrement du néon de feu. Saillie ardente, saisissante d’incongruité, jaillissant de terre en lame vengeresse d’un outre-monde. Le duo vipérin pointe son absolu vers la potence de torture fichée au mur : l’antique croix de fer fleuronnée de torsions expiatoires, jadis arrachée à la vallée d’Olt.


Aurore est intarissable, captive son auditoire sur les pourquoi et comment le génie humain s’oblige obstinément à la tentative d’autre chose, à l’espoir de l’innovation. Quête besogneuse depuis sept millions d’années ! Recherche de beauté ? Qu’est le beau ? De plaisir ? Plaisant pour qui, pour quoi ? Témoignage du moi, de la rassurance d’exister ? Peut-être !

Le crépuscule nous accompagne rue Neuve, ancien magasin Brossy. A cette heure la rue commerçante est habituellement déserte. Malgré les précautions prises, nous y rencontrons le groupe Benoît. Le télescopage produit un attroupement d’une centaine de curieux entassés dans l’étroite rue Monteils et malencontreusement plantés devant le flanc d’un camion-poubelle-qui-les ramasse justement stationné devant l’œuvre ! A peine dégagée, un véhicule benne-attention-travaux voulant travailler la masque ! Quelques instants plus tard, le commentaire engagé, la fourgonnette-livraison-de-la-pizzéria-d’à-côté veut le passage ! Evidemment prévisible : retour du camion benne-attention-travaux en sens inverse !  Vous avez dit déserte ?


A ce carrefour en T, T comme nœud Tellurique, Claude Lévêque fut saisi par l’observation de la chose : la rue et sa perpendiculaire. Cet évènement le renvoie à un logarithme de deux phrases : le mur aveugle ; le long couloir. Deux phrases tremblotées venues d’un ailleurs en écriture automatique.  Deux phrases en suspensions dans un halo bleuté, dans le vide du magasin vide. Radical et énigmatique comme une pensée Zen. 

La nuit nous pousse au musée Soulages.

Marche silencieuse. Sourires entendus escamotant une crainte de ne pas comprendre.  

 

Descente vers la surprise-maître jalousement soustraite à la curiosité. L’œuvre majeure enfin dévoilée : le passage obscur nous invite au voyage sidéral dans la triangulation vitale : le feu, la terre, l’eau. Le soleil embrase les redents de la Terre-mère sexuée de cascades de vif argent.

L’œuvre : la vie, résumée, ontologique.

A l’instar de celle de Pierre Soulages, l’œuvre de Claude Lévêque nous renvoie à nous-mêmes ; et, en ce monde tissé de contraintes, nous autorise la liberté d’être, de penser. Merci.


C’était mon ressenti de ce vingt-trois avril. Demain, dans le grand espace oblique et ténébreux, peut-être observerai-je la mer frangée d’aurore au travers des ouïes du requin-baleine que j’habiterai : mon privilège !



 

Double merci à nos deux talentueux Amis envoyés spéciaux, Jean-Marie Lacombe au clavier et Michel Raynal aux pixels.